La santé dentaire des chiens influence bien plus qu’on ne l’imagine leur quotidien et leur forme générale. Pourtant, combien de maîtres attendent qu’un problème apparaisse pour consulter ? Le tartre s’accumule sans bruit, la plaque se glisse entre les dents et, insidieusement, des infections s’installent. Certaines anecdotes reviennent souvent dans les salles d’attente vétérinaires : un chien ne joue plus, mange moins, maigrit… Avant que la situation n’empire, mieux vaut s’informer et poser les actions qui s’imposent. Mais alors, vaut-il mieux se débrouiller à la maison ou confier la dentition de son compagnon à un professionnel ? Ces interrogations, tous les propriétaires se les posent un jour.
Pourquoi prendre soin des dents des chiens ?
Un chien en forme au niveau dentaire est généralement plus vif, plus joueur, plus expressif. Il est rare qu’un animal manifeste clairement sa douleur lorsqu’une dent le fait souffrir ; cela ne signifie pas pour autant qu’il n’en ressent pas. Une bouche mal entretenue peut devenir le terrain favorable au développement de bactéries qui, en migrant vers la circulation sanguine, risquent d’atteindre des organes tels que le cœur ou les reins.
La force de la mâchoire des chiens fascine ; mais cette capacité ne dure que si les dents restent solides. Une hygiène buccale constante protège cette caractéristique toute la vie durant et permet d’éviter maints désagréments, parfois douloureux et toujours évitables.
Comment savoir si votre chien a besoin d’un détartrage ?
Certains signaux doivent immédiatement interpeller. Premièrement, la mauvaise haleine. Si elle devient persistante, il ne s’agit pas d’un simple désagrément mais d’un symptôme révélateur d’un souci sous-jacent. D’autres indicateurs : les dents qui se parent de jaune ou de marron, la présence de tartre bien visible à la racine, ou encore des gencives rouges et douloureuses.
Un chien qui rechigne à mâcher ses croquettes – ou choisit ses jouets en fonction de leur douceur – peut exprimer une gêne. Dans les situations avancées, perte de poids, changement de comportement à table, ou grimaces lors de la mastication illustrent des complications parfois graves. Souvent, ces comportements apparaissent par petites touches et passent inaperçus. Mais négliger ces signaux revient à prendre le risque de laisser la situation dégénérer – un véritable piège, facilement évitable à condition d’observer et d’agir suffisamment tôt.
Les solutions maison : efficaces pour la prévention ?
Le brossage des dents
Brosser les dents de son chien paraît complexe au début, surtout si l’animal n’y a jamais goûté. Pourtant, l’habitude s’installe rapidement avec de la patience. Prendre le temps de choisir un dentifrice spécifique pour animaux (et non pour humain, ceux-ci contenant des agents toxiques pour les chiens) et une brosse adaptée permet d’éviter bien des accidents. Il arrive fréquemment que les débuts soient laborieux : certains chiens refusent catégoriquement l’intrusion. Avec douceur et persévérance, en y allant étape par étape, l’exercice devient parfois un moment de complicité. Les petits chiens se montrent souvent plus sensibles à la formation du tartre, à surveiller encore plus attentivement.
Produits complémentaires
En dehors du brossage classique, d’autres aides s’avèrent utiles : gels buccaux, sprays antitartre ou encore jouets conçus pour renforcer l’action mécanique de la mastication. Ces accessoires, validés par des vétérinaires (c’est important, certains produits sur le marché ne remplissent pas ces critères), peuvent compléter l’action du brossage ou, pour les chiens les plus réfractaires, constituer une alternative en attendant mieux. Mais attention, ils ne remplacent jamais une action en profondeur : leur effet reste limité sur le tartre déjà installé.
Détartrage chez le vétérinaire : une solution professionnelle
Avec ou sans anesthésie : quelle option privilégier ?
Le détartrage pratiqué par un vétérinaire est le seul moyen d’enlever efficacement le tartre accumulé en profondeur, notamment sous la gencive. Habituellement réalisé sous anesthésie générale, il permet au praticien de travailler sur toutes les faces des dents, y compris celles inaccessibles autrement. Cette anesthésie calme l’animal, évite toute douleur et réduit les risques d’accident. Quelques cliniques proposent une version sans anesthésie mais, concrètement, l’intervention se limite alors aux surfaces visibles : le nettoyage reste donc très partiel, ce qui peut s’avérer utile uniquement en prévention ou pour des chiens à très faible risque.
Quel coût pour un détartrage ?
Les frais pour ce type de soin varient sensiblement d’une région à l’autre et selon la complexité de l’intervention. En France, il faut prévoir un budget qui oscille en général entre 100 et 300 euros. Cette différence de prix dépend notamment du gabarit du chien, de son état dentaire avant l’opération et parfois de soins additionnels : extraction, antibiotiques, consultation préalable, etc. Certaines personnes hésitent à investir, pensant échapper à ce poste de dépense – mauvaise idée : les infections et leurs complications coûtent souvent bien plus cher, tant en termes d’argent que de qualité de vie pour l’animal.
Comparaison : méthodes maison ou vétérinaire
Entre solutions naturelles et expertise vétérinaire, le choix n’a rien d’anecdotique. Les gestes quotidiens permettent de limiter l’apparition du tartre : brosse, accessoires, alimentation adaptée… Ces habitudes retardent l’inévitable, mais seules, elles rencontrent leurs limites face à une accumulation déjà installée. Quand le tartre prend le dessus, seule une intervention vétérinaire vient à bout des dépôts incrustés.
Prenons un exemple concret : chez un chien d’âge moyen, le brossage quotidien retarde la formation de plaque ; cependant, une fois le tartre incrusté sous la gencive, aucune solution maison ne suffit. D’où l’intérêt d’associer prévention et suivi professionnel.
La prévention pour une santé dentaire préservée
Mieux vaut prévenir que guérir, cet adage ne se dément pas ici. Mettre en place, dès le plus jeune âge, des gestes simples : brosser, choisir l’alimentation, offrir régulièrement des jouets masticateurs. Mais cela ne dispense jamais du contrôle régulier en cabinet vétérinaire. Ces visites, espacées ou non selon les conseils professionnels, permettent de détecter les signes précoces : légères inflammations, débuts de tartre, petits traumatismes invisibles à l’œil nu.
Éviter les erreurs fréquentes
Certains pensent, à tort, qu’acheter des friandises estampillées « dentaire » règle tous les problèmes : c’est rarement suffisant. Se contenter d’attendre l’apparition de douleurs pour réagir conduit le plus souvent à des traitements plus lourds. Autre méprise : croire qu’un chien qui mange sans broncher n’a pas mal. En réalité, beaucoup dissimulent leur inconfort. S’y prendre tôt, dès le chiot, limite considérablement les complications à l’âge adulte.
Témoignage : l’importance du détartrage
Laura, propriétaire d’un golden retriever, partage son expérience : « Mon chien avait des gencives rouges et une haleine insupportable. Le vétérinaire a diagnostiqué un important dépôt de tartre et a préconisé un détartrage. Après l’intervention, j’ai retrouvé un animal énergique, et plus jamais je n’ai négligé son hygiène buccale. Depuis cette expérience, j’ai adopté une routine de brossage régulière et consulte chaque année mon vétérinaire pour un contrôle dentaire. » Son histoire illustre à quel point agir tôt transforme la vie du chien… et de ses proches.
Brosser les dents dès le jeune âge
Instaurer le brossage avec un chiot offre un double avantage : cela habitue l’animal à la manipulation, et forme un réflexe d’entretien pour le maître. Par la suite, les rendez-vous de contrôle chez le vétérinaire s’intègrent tout naturellement dans la routine, presque comme pour un enfant. Ce petit geste, au fil du temps, évite bien des rendez-vous pénibles et limite la gravité des soins à venir.
Agir pour une bonne hygiène buccale
Pour résumer, la santé buccale de nos compagnons mérite une attention constante. Mieux vaut associer vigilance au quotidien, à la maison, et suivi auprès du vétérinaire dès les premiers doutes. Prendre soin des dents de son chien, c’est lui permettre de croquer la vie à pleines dents… pour longtemps.
Sources :
- chien.fr
- veterinaire.fr